Edeis propose un nouveau spectacle historique dans les arènes de Nîmes dans le cadre des Journées romaines du vendredi 24 au dimanche 26 avril. Il s’agit de Spartacus, "un esclave qui défia Rome". Le metteur en scène Fabien Faizant décrit les coulisses.
Spartacus a déjà fait l’objet d’un spectacle à Nîmes en 2018. Quel regard nouveau allez-vous apporter, cette année, en tant que metteur en scène ?
L’histoire reste la même, très documentée par plusieurs sources historiques. Depuis le spectacle Romulus, on a mis en place les personnages Lucius et Cassius respectivement metteur en scène et historien de l’époque d’Hadrien. Ils travaillent sur la mise en place de jeux romains.
On suit leur cheminement créatif et intellectuel en représentant physiquement ce qu’ils imaginent à l’écriture du spectacle. Ils projettent leurs idées et on les joue sur scène. On montre l’évolution de l’histoire de Spartacus. On voulait garder l’aspect pédagogique et didactique des anciennes éditions. Ces personnages expliquent pourquoi ça s’est passé comme ça. C’est comme un film en direct qui est tourné dans les arènes sous nos yeux !
Ce sont les seules modifications ?
On a recentré le spectacle sur l’histoire. La première partie a été un peu réduite. Il y a toujours l’arrivée de l’empereur avec des légionnaires qui montrent des manipulations militaires. Très vite, on arrive sur la reconstitution de l’histoire présentée comme si elle avait 2 000 ans. Les Romains adoraient qu’on parle de leur propre histoire.
Comment parvenez-vous à être le plus fidèle possible à l’histoire. Des historiens vous aident ?
On a un professeur italien qui est un cador en romanité. Il nous aide à asseoir le contexte historique. Il explique pourquoi il y a eu cette rébellion, prend de la hauteur sur les conséquences.
Comment avez-vous appréhendé le personnage de Spartacus qui est très connu ?
Spartacus, c’est l’évocation d’un thème très universel, de vouloir trouver des solutions au sein d’une société où tout ne fonctionne pas bien. Les problèmes se posent encore aujourd’hui. On présente Spartacus dans cet esprit qu’il aime changer la société. C’est un idéaliste qui utilise des moyens un peu violents. On va le présenter comme un homme intelligent, stratège, qui a de l’empathie.
Les historiens le décrivent comme un personnage hors norme, capable de fédérer un grand nombre de personnes autour de lui. Par projection, ce show nous permet de le présenter comme un personnage qui a plusieurs objectifs mais qui sait qu’il ne va pas gagner. Il va amener Rome à se poser des questions.
« Spartacus avait une vision de la société »
La grande histoire de Spartacus, ce sera un peu la conclusion du spectacle, c’est que l’impact de sa révolte, une guerre civile, a provoqué dans l’empire romain une remise en question sur la citoyenneté, le rôle des gladiateurs. Spartacus avait cette vision à long terme de la société. Ce spectacle permet de savoir quelle était vraiment cette rébellion.
En tant que metteur en scène, vos principales difficultés sont de ne pas pouvoir répéter avec les troupes ou de prévoir un spectacle dans ces immenses arènes ?
Pour montrer une fresque historique au public, il faut du monde. La piste est très grande, elle doit être occupée, avoir des décors. On fait appel à beaucoup de bénévoles nîmois. C’est une grosse machine avec 500 personnes qui jouent. Comme on l’a fait de nombreuses fois, on connaît les écueils à l’avance.
À l’écriture du scénario, quand on imagine les scènes, les entrées et sorties, on sait déjà ce qu’il faut éviter de faire. Le travail qui suit l’écriture du scénario, c’est le découpage technique. On commence à voir comment organiser les troupes, les bénévoles, les décors pour qu’il y ait une fluidité et pas de perte de temps lors des transitions.
Vous avez prévu combien de combats, de tableaux lors de ce spectacle de 2 heures ?
On a une vingtaine de tableaux dont trois principaux. Les combats font partie du spectacle, ils sont très attendus par le public. Quand on écrit le scénario, il faut savoir si on a les troupes suffisantes. Les combats doivent toujours être expliqués. Ils ont une raison d’être car ils font avancer l’histoire.
« On a une richesse de scènes »
C’est un fil conducteur. Chaque scène explique ce qui s’est passé en amont ou entraîne une suite de l’histoire. On aura une richesse de scènes qui permettront d’aborder l’aspect militaire, civil, politique, la vie de tous les jours. Les dialogues, parfois préenregistrés pour la bonne compréhension du public, sont très présents et la musique, les voix off aussi.
Vous êtes aussi compositeur. Quel rôle joue la musique dans ce show historique ?
La bande-son, c’est vraiment un élément qu’on a beaucoup travaillé. La musique couvre tous les moments du spectacle. Elle est là pour souligner l’émotion, le doute, les batailles, les scènes épiques, le dialogue qui oppose les personnages. C’est une musique orchestrale adaptée un peu comme au cinéma. Il y aura des bruitages, le vent, le cri des mouettes… Cela crée des liens entre les scènes, une certaine homogénéité.











