Une boîte à outils pour aider les écoliers à se concentrer en classe. C’est le projet de Veronica, maman d’un enfant autiste, qui estime que tous les enfants peuvent bénéficier de matériel sensoriel adapté.
Un fauteuil œuf, un casque antibruit, une peluche lestée… Ces objets peuvent transformer la vie d’un écolier, à en croire les partisans du projet « Ouvrir les portes ». Tout est parti de l’histoire personnelle de Verónica Pourry, confrontée aux difficultés à l’école de son fils Luca, atteint d’autisme. Par ses recherches personnelles et avec les conseils d’une psychologue et d’une psychomotricienne, cette femme originaire d’Argentine a découvert des équipements d’apparence simple, mais devenus essentiels au quotidien. Par exemple, une règle texturisée a permis au garçon de 8 ans de se canaliser, et son coussin d’assise dynamique l’aide à se concentrer malgré sa bougeotte.
La mère de famille s’est alors dit que ce matériel sensoriel pourrait bénéficier à d’autres enfants, qu’ils soient porteurs d’un handicap ou non. Bertrand Maily, directeur de l’école Romain-Rolland, où est scolarisé Luca, confirme : « Beaucoup d’élèves ne tiennent plus en place, certains ne savent plus attendre. Tout paraît trop long en classe. » Celui qui gère aussi une classe de CP, indique alors, à titre d’exemple, le minuteur que Verónica fournit à son fils serait utile à d’autres enfants.
Un projet soutenu par l’éducation nationale
Une démarche inclusive dans les deux sens, qui ouvre un « travail sur l’empathie », où le bénéficiaire « ne se sent pas discriminé« . D’une voix enthousiaste, l’Argentine installée à Alès depuis 2020 rapporte : « Quand ils voient Luca avec son casque, ses camarades lui posent des questions, et il explique. Ça crée du lien. »
« On peut tous avoir un besoin spécifique à un moment. » résume Bertrand Maily, qui a décidé de soutenir l’initiative. L’idée est de mettre dans chaque classe une boîte à outils destinés à aider les élèves à se concentrer, se canaliser ou encore se rassurer, « pour permettre à tous de travailler dans le calme ». « Ouvrir les portes » a été déposé sur une plateforme de l’Éducation nationale, appelée « Trousse à projets », dédiée au financement participatif. Dans le descriptif, figure une liste d’équipements établie par une enseignante spécialisée en réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), Myriam Chaillou. Cette dernière affirme que la démarche « vise à adapter l’environnement scolaire aux besoins des élèves plutôt que d’attendre que chaque enfant s’adapte à l’école ».
Un appel aux dons est alors lancé, dans l’espérance de toucher autant des entreprises que des institutionnels. Car, comme insiste Bertrand Maily, par ailleurs représentant de la FSU Snu Ipp, « ce n’est pas aux parents de financer ça ». Sous sa casquette de syndicaliste, il prend position : « L’école inclusive, c’est un projet gouvernemental, donc ça devrait être financé par l’État, l’Éducation nationale, la mairie… »






