Violence, extorsion, vols… Il est jugé pour 25 délits ou contraventions commis dans le nord du Gard

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À Conqueyrac, et dans les alentours, l’homme de 48 ans, avait tendance à se faire justice lui-même.

« Que l’on soit votre voisin, votre locataire, ou de votre famille, c’est la même chose, pour vous tout se règle par la violence. À vous tout seul, vous avez violé la moitié du Code pénal », s’emporte le représentant du ministère public, Abdelkrim Grini lors de l’audience correctionnelle de ce vendredi.

Julien L., 48 ans, installé à Conqueyrac, comparait pour 25 faits commis entre 2021 et 2025. La liste des infractions ressemble à un inventaire à la Prévert avec de l’extorsion, des violences diverses, avec ou sans arme, des menaces de mort, de destruction, du harcèlement, de la détention d’arme, des vols… Au total, neuf personnes ont engagé une procédure à l’encontre du prévenu.

Un prévenu impulsif

Un premier plaignant se présente à la barre et décrit le contentieux qui l’oppose à son propriétaire : « Il a vendu ma caravane pour 300 € sur un site de vente en ligne, il m’a réclamé 4 000 € pour je ne sais quel motif et menaçait de me frapper si je ne payais pas. Il m’a pris un camion et garder la benne. Il m’a frappé et a intimidé le témoin qui était avec moi. »

Le prévenu se défend : « Je ne voulais plus voir de drogue sur mon terrain. Le locataire organisait des teufs et avait installé un vrai laboratoire de drogue. » À la question du tribunal de savoir si les gendarmes avaient été avisés de la situation, Julien L. concède : « Non, je n’ai pas appelé les gendarmes, j’ai fait un peu justice moi-même. »

Le président de l’audience, Vincent Edel, donne lecture des autres faits qui sont en procédure. Lors d’une brocante, le prévenu a eu un différend avec une personne qui voulait acheter de l’outillage. « Il n’a pas voulu rendre l’outil à mon fils, il a pris une gifle », tente de se justifier le prévenu.

« Vous avez aussi menacé un de vos locataires de détruire son chalet », interroge le magistrat. « Il m’avait mis la pression pour son terrassement mais mon tractopelle était en panne. Le ton est monté, je lui ai jeté une chaise et on s’est empoigné. »

À Ganges, un deuxième locataire est menacé de mort alors que le prévenu le croise à bord de son véhicule. Toujours sur la route, l’homme impulsif s’embrouille avec un autre automobiliste pour un motif futile et le bouscule. Autre affaire : Des violences réciproques sont constatées par les gendarmes entre le mis en cause et un de ses locataires. « Il avait stocké de la drogue sur mon terrain. J’ai tout débarrassé. » Mais le locataire ne l’a pas entendu de cette oreille et a voulu récupérer ses biens. Des coups ont été échangés. « Ça commence à faire beaucoup », note laconique le président de l’audience.

Des traceurs posés sur les véhicules de son ex-compagne

« Et les trois traceurs posés sur les véhicules de votre compagne de l’époque ? » L’homme reconnaît la pose des mouchards et se justifie par une jalousie excessive.

Dans ses réquisitions, le procureur Abdelkrim Grini décrit un homme « impulsif, qui ne connaît que la violence pour régler les litiges. Il fait régner un climat de harcèlement sur ses proches, ses ex-compagnes, ses locataires. » Le magistrat réclame deux ans de prison dont un avec sursis probatoire avec obligation de soins et interdiction d’entrer en contact avec les victimes. De plus, près de 900 € d’amende lui sont réclamés.

En défense, Me Christian Dumont tente de donner une autre image de son client : « À la lecture du dossier, on pourrait penser qu’on a à faire avec un délinquant chevronné mais ce n’est pas la réalité. Les mentions sur son casier sont pour des amendes, un défaut de permis, mais il n’a jamais fait un jour de prison. Oui, il est impulsif. Oui, ancien consommateur de drogue et d’alcool, il ne supporte plus cette ambiance. Il se sent investi d’une cause. Les parties civiles réclament de l’argent, mais pas de réparation. C’est juste de la vengeance. »

La décision a été mise en délibéré et sera rendue le 14 avril.

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