En attendant la demi-finale retour, ce vendredi 24 avril à 20 heures, Gérard Castan livre quelques anecdotes savoureuses autour du derby héraultais.
Ce vendredi 24 avril, le Montpellier HSC-VB reçoit l’Arago de Sète pour la demi-finale retour du championnat de France. Un derby haut en couleur, générateur d’histoires en tous genres. Gérard Castan, arrivé à l’Arago en 1972, ancien entraîneur et manager général de l’équipe de France, en livre quelques-unes.
Quand Michel Guy dévissait à l’attaque
« En 1979, les championnats d’Europe étaient organisés en France. La FFVB avait pondu une règle, disant que les quatre premiers de Pro A disputeraient huit tournois de playoff afin de préparer l’organisation de l’événement. À Sète, on était en concurrence avec le Racing Club de France. On n’avait aucun international, ils en avaient plein. Lors du dernier match, contre Montpellier, il nous suffisait de gagner deux sets pour passer devant les Parisiens et foutre en l’air les plans de la Fédération. Au Muc, il y avait Michel Guy. On était copains et il préférait que ce soit l’Arago qui se qualifie. La légende dit que, ce jour-là, il n’a pas mis une attaque dans le terrain… On devait gagner deux sets, on en a gagné deux. On a toujours été des empêcheurs de tourner en rond… »
Blain sans papiers
Il y eut également ce jour de derby où, à Bougnol, Gérard Castan se rend compte que Philippe Blain n’a ni licence ni papiers d’identité. « L’arbitre me dit que son père, Jean (NDLR : ancien président montpelliérain), est parti les chercher et me demande si on peut attendre dix minutes. Or, l’heure tourne, on se retrouve tous sur le terrain et toujours pas de Blain. L’arbitre décide de démarrer le match et, au moment où le second arbitre donne le ballon au serveur, Jean Blain arrive en hurlant « J’ai la licence !”. Il a dû rouler à 200 à l’heure en ville mais il est arrivé deux secondes trop tard ! »
Souvenir moins agréable pour le Sétois, celui de 1972 où il jouait aux côtés du Polonais Romual Paskievich. « Il était très fort… On avait fini la phase aller à la première place et, au match retour à Joffre, il se blesse. Ça nous a plombés la saison… » Le gymnase Joffre fait ainsi partie de la grande histoire héraultaise. « Quand on jouait là-bas, ils nous laissaient nous échauffer tout seuls, pendant qu’eux étaient à l’écart, dans une salle. On se faisait huer et chahuter par 2 500 personnes. Et vingt minutes avant le match, ils arrivaient et c’était une bronca indescriptible ! »
Chacun son palmarès
Frères ennemis, Sète et Montpellier ont toujours joué le jeu. Et, à 78 ans, Gérard Castan s’y prête encore volontiers. « On était à la fois très ennemis et très proches. L’été, on jouait ensemble puis, quand arrivait l’hiver, les rivalités revenaient. Finalement, ils ont eu plusieurs titres de champions, nous non. Mais ils n’ont jamais gagné la Coupe de France, nous si… Et l’an prochain, cela fera 50 ans que l’Arago est en première division. Ça non plus ils ne l’ont pas ! »











