"Vous crachez à la figure des victimes" : l’accusé du meurtre de Sihem s’enfonce dans le déni et les mensonges

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Lors d’un long interrogatoire mardi, Mahfoud Hansali, jugé pour le meurtre de la jeune Sihem, près d’Alès, fin janvier 2023, a nié avoir étranglé la jeune femme malgré l’évidence des constatations médicales. Il maintient qu’elle était amoureuse de lui ce que personne ne confirme.

La crainte de débats qui ne permettraient pas d’approcher la vérité sur la raison du meurtre de Sihem, 18 ans, fin janvier 2023, près d’Alès, s’est confirmée, mardi, au deuxième jour du procès de Mahfoud Hansali, au grand dam de parties civiles éplorées.

L’accusé, empêtré dans son déni et ses mensonges à l’audience, a largement contribué à son naufrage judiciaire, crucifié par l’avocat général Stéphane Bertrand, après deux heures et demie d’interrogatoire par la cour d’assises.

« Je vous laisse une dernière chance de comprendre que le mot « respect » que vous avez utilisé pour la famille de Sihem a un sens. Ce que vous faites, c’est cracher à la figure des victimes », tonne-t-il, excédé, entraînant les clameurs de la salle. Sans infléchissement de la position du carrossier de formation et délinquant d’habitude.

Au fil de cette audition fleuve, sa défense s’est délitée. Poussé dans ses retranchements, il s’est accroché à sa version : Sihem, la cousine de son ex-femme, et babysitter des trois enfants du couple séparé, serait tombée amoureuse de lui. Ils auraient eu des relations sexuelles mais cette nuit du 26 janvier 2023, stressé par son prochain passage aux assises pour braquage, il n’aurait pas supporté qu’elle menace de révéler leur liaison.

« Ce soir-là, c’est de la colère »

« J’ai jamais été violent avec elle, c’est contradictoire avec la finalité de la chose, j’en suis conscient », lance-t-il, arborant un maillot du PSG blanc. « Ce soir-là, c’est de la colère, bien évidemment ce n’est pas recevable. Je suis sous pression, je vais retourner en prison, on se voit. Il y a des mots, je la plaque contre le mur, je la gifle pour qu’elle se taise, je mets la main sur la bouche et le nez, il se passe un certain temps, elle s’est écroulée… »

Il n’en admet pas plus. Refusant d’admettre qu’il a étranglé la malheureuse. Jusqu’à nier l’évidence des constatations que le médecin légiste Mounir Benslima est venu détailler à la barre.

« Vous ne l’avez pas frappé, pas étranglé, vous ne vouliez pas la tuer… »

« Ce n’est pas cohérent de dire qu’il n’y a eu qu’une gifle et la main sur la bouche pour l’empêcher de parler, c’est impossible », assène le spécialiste. Car un petit os a été cassé près de la gorge : « généralement il faut les deux mains, car il faut un appui très fort », poursuit le médecin qui a décelé six autres blessures au visage.

« Je n’ai pas porté de coups », maintient l’accusé s’enfonçant toujours plus dans l’absurde.

« Vous ne l’avez pas frappé, pas étranglé et vous ne vouliez pas la tuer, vous restez sur votre position », s’agace aussi le président Christian Pasta.

« Pour quelle raison cette colère soudaine et furieuse contre Sihem ? Vous dites que vous avez l’intention de vous remettre avec votre femme et vous couchez avec Sihem cette nuit-là ? », l’attaque encore l’avocat général. Hansali balbutie, sonné.

« Un plan foireux »

Mais il retrouve sa verve pour raconter comment il a décidé de transporter le corps dans sa voiture, puis il l’a traîné dans la montagne pour le dissimuler pendant six jours avant de tout avouer. La voix est narrative et sans émotion, « on dirait un reportage de BFM », se désole Me Battikh, partie civile.

Sa thèse de la relation amoureuse chavire également à l’aune des témoignages de la famille bien sûr, mais aussi des amis proches de Sihem. Personne n’était au courant.

« On n’avait aucun tabou à parler des relations sentimentales, j’aurais été la première à le savoir », assure Lena, la meilleure amie de la défunte. Il n’y a pas non plus de message écrit explicite – l’accusé a fait disparaître le téléphone de la victime et le sien – même si trois mois auparavant, ils avaient échangé de nombreux messages.

« C’est gênant comme hypothèse »

« C’était pour la garde des enfants » certifie Sabrina, l’ex-femme de Mahfoud, pas tendre avec lui et fataliste : « c’est un menteur, un mythomane, un manipulateur, il avait des dettes et me trompait. Lui, je ne le croirais pas et elle n’est plus là pour donner sa version. »

Alors, il reste deux hypothèses. Celle du « plan foireux » que Sihem avait éventé auprès de rares proches : l’accusé lui aurait promis 10 000 € si elle acceptait la mise en scène d’un faux enlèvement pour une histoire de vol de stupéfiants.

« C’est une histoire farfelue » balaie l’accusé. Qui aurait alors manipulé la naïve Sihem avec cette promesse d’argent facile, pour mieux l’attirer chez lui comme le supposent des proches de la jeune femme ? Avec une tentative de viol qui aurait mal tourné, expliquant le trou dans le matelas et l’ongle cassé retrouvé ?

« C’est gênant cette hypothèse, j’ai pas le profil », s’offusque le quadragénaire. Verdict ce mercredi 25 mars.

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