En matière d’Écologie, le Président Macron est passé des promesses aux renoncements.
Si l’on veut conter le bilan d’Emmanuel Macron en matière d’écologie deux lignes s’opposent. L’une liste les victoires : l’arrêt du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, de celui de la Montagne d’or en Guyane ou encore d’EuropaCity près de Roissy qui prévoyait la destruction de 770 ha de terres agricoles pour bâtir un centre commercial géant.
On peut y ajouter l’interdiction des pailles en plastique mais plus difficilement la Convention Citoyenne pour le Climat qui a accouché d’une souris. L’autre liste égrène les défaites : recul sur le glyphosate, vote de la loi Duplomb qui facilite la construction de mégabassines, l’agrandissement des élevages hors-sol mais aussi l’emploi de pesticides, les hésitations autour de MaPrimeRénov’ou des aides aux énergies renouvelables…
Des ZFE aux ZAN…
La fin des Zones à faibles émissions (ZFE) et celle des zones Zéro artificialisation nette (ZAN) ne font qu’ajouter au sentiment d’échec. Le slogan « Make our planet great again » imaginé en 2017 par Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle par opposition au « Make our America Great Again » de Donald Trump semble illustrer une époque révolue, celle des grandes illusions.
Et que dire de cette phrase prononcée en 2022 entre les deux tours de la deuxième campagne présidentielle par le même Emmanuel Macron : « Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas »… Ce jour-là, à Marseille, dans le Parc du Pharo, le Président annonçait que s’il était élu, son futur Premier ministre serait aussi chargé de la planification écologique.
D’Élisabeth Borne à Sébastien Lecornu tous l’ont été, c’est du moins ce qu’indique le site Wikipédia, mais certains l’ont soigneusement oublié. À tel point que mercredi, une ministre importante du gouvernement reconnaissait : « Je ne sais même pas si Lecornu en est encore chargé ou pas ».
Pour elle, depuis le départ de Nicolas Hulot rien ne va plus. « Les Français ont vu quelqu’un claquer la porte et ils se sont dit que les macronistes se fichaient de l’écologie. De notre côté, on n’a pas su rattraper le coup car depuis ça les questions d’environnement n’ont jamais été incarnées. Les ministres qui se sont succédé ont tous été aussi invisibles les uns que les autres ».
Monique Barbut, sa collègue actuelle appréciera. Mais il faut dire que sa discrétion à quelque chose de remarquable. Mercredi, par exemple, elle n’a que mollement regretté le recul des parlementaires sur les zones Zéro artificialisation net « qui vise à bétonner 25 000 hectares supplémentaires » dont la mise en place faisait pourtant partie de ses priorités pour 2026. Mais la question de l’incarnation est loin d’être la seule explication à l’inaction écologique des différents gouvernements.
Moins à perdre à ne rien faire
La crise des « gilets jaunes » puis les grèves des agriculteurs sont passées par là et ont convaincu le Président qu’il y avait politiquement moins à perdre à ne rien faire. Il suffit d’ailleurs de comparer la liste des victoires et celles des défaites pour comprendre. L’une illustre le début du premier quinquennat, l’autre la fin du second… Des promesses aux renoncements.








