comment une famille a basculé dans l’horreur, « j’avais la haine »

admin
Par
admin
6 min de lecture

Une soirée de cauchemar. Ce mercredi 8 avril 2026 doit s’ouvrir devant la cour d’assises de Créteil le procès de Youness E.. Cet homme de 43 ans est jugé pour avoir tué ses trois fillettes âgées de 5 à 11 ans dans le huis clos de son appartement à Alfortville (Val-de-Marne). Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Les victimes poignardées et étouffées

C’est le 26 novembre 2023 que l’accusé muni d’un sac de sport franchit la porte du commissariat de Dieppe (Seine-Maritime). « J’ai commis l’irréparable, je viens de tuer mes trois enfants », déclare l’homme à l’agent chargé de l’accueil. Très vite, des policiers d’Alfortville se rendent au domicile du quadragénaire, situé quai Jean-Baptiste Clément. À l’intérieur de ce logement mal rangé, l’horreur.

Deux enfants sont retrouvées mortes dans leurs lits, poignardées. Quant à la plus jeune, elle est découverte inanimée sur le canapé du salon. L’expertise médico-légale conclut qu’elle a été tuée par asphyxie. Les fillettes avaient été confiées à leur père pour le week-end, la mère vivant dans une autre commune du département.

Coups et menaces à répétition

Très vite, les enquêteurs dressent l’histoire de cette famille marquée par la violence paternelle. L’accusé, décrit comme « colérique » par ses proches, fait vivre un enfer à sa compagne depuis la naissance de leur premier enfant. Les coups pleuvent, à main nue ou avec une batte de baseball, sur la mère de famille. Aux policiers, la partie civile raconte avoir été enfermée sur le balcon car elle était revenue de la poissonnerie avec du poisson dont la peau n’avait pas été retirée par le commerçant. L’ancien apprenti boucher travaillant dans une épicerie se montre aussi plusieurs fois menaçant, lui promettant qu’un jour « ils finiraient dans les faits divers ».

En 2021, la maman se rend à la police. Youness E. est interpellé et placé en détention provisoire pendant plus d’un mois. Il est finalement condamné à 18 mois de prison, dont 12 avec sursis. Également poursuivi pour violences sur sa fille aînée, il est interdit de contact avec elles. Finalement, avec l’appui de sa femme, l’accusé retrouve un droit de visite en septembre 2022.

Moins d’un an plus tard, la situation conjugale se tend davantage. La mère veut divorcer. La décision de séparation entraîne un harcèlement constant de son conjoint. Ce dernier menace de se suicider et se rend devant les écoles des enfants. Dix jours avant les faits, il suit sa compagne en voiture. Elle se rend au commissariat pour le faire partir.

Les fillettes droguées et tuées

Le 25 novembre 2023, Youness E. est autorisé à garder les trois fillettes. Il les emmène au parc, puis le soir, il va leur chercher un McDonald’s. En parallèle, il échange avec sa future ex-compagne. Il supplie, menace. La mère de famille lui fait comprendre que le divorce est inéluctable. Selon l’accusé, ce serait ce dernier échange qui l’aurait fait basculer dans son passage à l’acte criminel.

Le père de famille décide de droguer ses filles avec le repas acheté au fast-food. Dans les boissons, des somnifères. Dans les crèmes glacées, des antidépresseurs. Les trois fillettes s’endorment. L’accusé s’arme d’un couteau, qu’il avait acheté dans le cadre de sa formation de boucher. Il étouffe la plus jeune avec une couverture sur le canapé. Il se rend dans la chambre et s’attaque à la seconde qui se réveille et meurt poignardée.

Aux policiers, le quadragénaire affirme avoir hésité avant de tuer sa dernière fille, sa « préférée ». Pendant plusieurs heures, il reste sur le canapé avec elle devant la télévision. Il la poignarde finalement après avoir tenté de l’étouffer. Il assure qu’il avait pour projet de se tuer en se jetant d’une falaise en Essonne. Arrivé sur place, il n’ose pas se tuer et reprend sa voiture en direction de Dieppe. Il réfute tout projet de fuite à l’étranger, mais être allé dans cette commune en souvenir d’un après-midi passé en famille.

L’accusé décrit comme dépressif et égocentrique

Depuis ces faits qui ont suscité l’émoi dans toute la commune, Youness E. dort en prison. L’expert psychiatre qui l’a examiné décrit un « tableau dépressif actif » chez l’accusé. Une personnalité fragile psychiquement, mais dont le discernement n’a été ni aboli, ni altéré lors du passage à l’acte. Le praticien décrit un « effondrement narcissique » et une forme d’égocentrisme. Aux enquêteurs, le quadragénaire expliquera avoir tué « pour ne pas perdre ses filles » et ne pas avoir accepté « qu’elles grandissent auprès d’un autre homme ». En parlant de son ex-compagne, il prononcera ces trois mots glaçants : « Elle s’en remettra ».

Le verdict de l’audience est attendu pour le 10 avril 2026.

XX XX XX/a>.

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr