Ilyana Benrhanem avait 8 ans quand les histoires ont commencé à fleurir dans sa tête. Dès ses 11 ans, elle pose ses premiers mots sur le papier avant la consécration quatre ans plus tard : la publication le 6 février dernier de son premier roman, "Nightmare".
Sur une terrasse de la place de la Comédie, Ilyana Benrhanem tient son premier livre dans les mains, le sourire aux lèvres. À seulement 15 ans, cette Montpelliéraine a publié un roman de fantasy le 6 février dernier, Nightmare tome 1 : Aux portes de l’Esprit. Quand les exemplaires papiers sont arrivés chez elle, elle est tombée par terre : « Ce sont mes bébés, c’est moi qui ai créé tout ça. »
Une aventure commencée il y a plusieurs années
« Les premiers mots me sont apparus à l’âge de 11 ans mais j’imaginais déjà des scénarios dès mes 8 ans », raconte la jeune autrice. Enfant, elle regarde beaucoup YouTube en anglais et découvre un créateur au pseudonyme de Dream. De là naît Nightmare, une héroïne inventée « en opposition au rêve ». « À 8 ans, on n’a pas suffisamment d’imagination pour écrire un livre de zéro », dit-elle avec un sourire lucide. Elle écrit alors à la main, sur papier, avant de dissimuler ses manuscrits dans une pochette. « J’avais un peu honte. Je pensais que ce n’était pas normal à mon âge d’avoir des scénarios pareils », avoue-t-elle.
Pendant quatre ans, entrecoupée de courtes pauses, Ilyana continue de développer son univers dans sa chambre, le soir avant de se coucher. Grande lectrice, elle relit la série Nils Hazard de Marie-Aude Murail pour retrouver la créativité. « C’est cette saga qui m’a poussée à écrire », raconte-t-elle.
Son roman raconte l’histoire de Nightmare, une mère condamnée à mort pour des actes que le lecteur découvre peu à peu. Le livre a grandi avec elle. Quand ses parents commencent à se disputer, ses personnages divorcent. Maternité, quête d’identité, harcèlement : autant de thèmes glissés dans le texte presque malgré elle. « Un livre, c’est toujours une autobiographie, de près ou de loin. »
« Je m’en rappellerai toute ma vie »
Pendant longtemps, personne ne lit son manuscrit. « Ma mère et ma tante ne voulaient découvrir le livre que terminé. » Quand elle l’envoie à des maisons d’édition, le parcours commence par un refus. Elle retravaille alors son texte, renforce son scénario et ses personnages. La deuxième tentative sera la bonne : les trois maisons contactées acceptent. C’est dans un train, le 23 septembre, au retour d’une sortie scolaire, qu’elle découvre l’objet du premier mail : « Votre manuscrit a été accepté. » Elle crie et agrippe son amie pendant que ses camarades applaudissent. « Je m’en rappellerai toute ma vie. », avoue-t-elle les yeux brillants.
Celle qui rêvait de criminologie ne voit pas forcément l’écriture comme un métier unique. « Le but, c’est d’être libre. Pouvoir m’inspirer de ma vie pour écrire des romans. » En parallèle de la saga Nightmare, dont le tome deux est en cours, elle travaille sur d’autres projets. Montpellier, où elle est née et a grandi, irrigue discrètement son œuvre : la place de la Comédie dans un roman, une rue près de Saint-Roch dans une nouvelle.
Son conseil aux jeunes qui hésitent ? Sa réponse fuse : « Débrancher le cerveau. Écrire un livre, ça demande seulement du papier et un stylo. C’est possible ? Alors fonce. »








