" Je suis debout et je vais bien", Amel Bent, après la tempête, en concert à Montpellier

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Après des années marquées par le deuil et les bouleversements personnels, Amel Bent revient sur scène et se confie sur la tournée, l’écriture comme thérapie et ses envies de cinéma, avant son concert au Zénith Sud de Montpellier le 17 avril.

Après ces dernières années chargées, dans quel état d’esprit abordez-vous cette date à Montpellier ? La scène est-elle devenue une zone de confort ou reste-t-elle un défi ?

La scène, c’est l’essence même de mon rêve de gamine. Quand j’avais 5, 6 ou 7 ans, je me voyais déjà chanteuse, avec une robe à paillettes de ma mère, en train de chanter devant mes peluches. Aujourd’hui, c’est toujours ce rêve qui se réalise. Bien sûr, il y a des défis : techniques, logistiques, scénographiques, musicaux… Cela demande énormément de travail et mobilise beaucoup d’équipes. Mais au-delà de tout ça, la scène reste le nectar du rêve. J’ai des papillons dans le ventre, je suis comme une dingue. J’attends ça depuis la dernière date de la précédente tournée.

Votre public est fidèle depuis vos débuts. Qu’est-ce que les gens viennent chercher dans un concert d’Amel Bent ?

Je pense que chacun vient pour des raisons différentes. Mon répertoire est assez varié, parce que je n’ai jamais voulu choisir entre mes influences. J’espère surtout que les gens ne viennent pas essentiellement pour la musique, mais pour ce que j’y mets : des morceaux de vie. Des émotions dans lesquelles chacun peut se reconnaître : le vide, la solitude, mais aussi l’espoir, la force, le courage. Les chansons deviennent un prétexte à la communication. Dans une autre vie, j’aurais pu donner des conférences sur le chagrin, l’amour ou l’humanité. Je viens pour créer un dialogue.

« Quand je chante [mes chansons] devant des milliers de gens, c’est un médicament »

Votre dernier album est né dans une période de bouleversement personnel. L’écriture vous a-t-elle aidée à remettre de l’ordre ?

C’était l’objectif. Depuis toute petite, j’ai un terrain anxieux et j’ai toujours écrit sous forme de to-do lists. C’est une façon de retirer la charge émotionnelle des pensées qui prennent parfois trop de place à l’intérieur. Dans cette période-là, j’étais submergée, notamment par le deuil. Je n’arrivais plus à organiser mes émotions. Alors j’ai repris mon carnet et j’ai écrit. D’abord de manière brute : mes enfants, mon mari, ma grand-mère, la colère, le chagrin, les questions… Petit à petit, ces notes sont devenues des thématiques plus harmonieuses pour en faire des chansons. Aujourd’hui, quand je les chante devant des milliers de gens, c’est un médicament. Ça me rappelle que j’ai traversé le gouffre et que c’est désormais derrière moi. C’est comme barrer une ligne sur une liste : c’est fait, c’est vécu, je suis debout et je vais bien.

Ces chansons sont nées dans un moment très intime. Est-ce qu’on peut tout dire dans une chanson ?

Il y a plusieurs langages dans une chanson. Les mots, bien sûr, mais aussi la musique. Une mélodie dit déjà énormément. Et même les mots changent de sens selon la manière dont ils sont portés. Dire “je t’aime” sur un accord mineur ou majeur, ce n’est pas la même chose. L’un peut exprimer la nostalgie ou l’absence, l’autre la joie et l’élan. Je n’ai pas l’impression de ne pas tout dire, je dis juste que je ne dis pas tout avec les mots. Par pudeur et par respect pour mes parents, je ne peux pas raconter chaque détail de mon enfance car je ne veux pas trahir leur vie privée. Mais mon chagrin ou la violence vécue sont palpables dans la musique. Je pense que les gens me connaissent et savent ce que j’ai traversé en écoutant mes chansons, même sans que je mette des mots sur tout.

On vous a vue récemment à l’écran dans le rôle d’une directrice de colo dans Ma Frère. Cela ne vous a pas donné envie de poursuivre devant la caméra ?

Si, bien sûr. Je reçois des scénarios depuis longtemps, mais mon métier de chanteuse me prend déjà beaucoup de place. Pour moi, le cinéma doit être une extension de ma musique, pas une obligation parce que je suis connue. Si un projet me touche, comme une chanson que j’aurais pu chanter, alors j’y vais. J’ai vécu des expériences incroyables comme Les Sandales blanches et j’ai très envie de recommencer, mais il faut que cela ait du sens pour moi. Il y a actuellement des projets en discussion.

Le vendredi 17 avril à 20 h. Zénith Sud, avenue Albert Einstein, Montpellier. Tarif : 49 à 79 €.

 

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