"Journée blanche" chez les ambulanciers : pourquoi le secteur se met-il en grève ce mercredi ?

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Ce mercredi 8 avril, de nombreux ambulanciers du secteur du transport sanitaire seront en grève. Selon les communes, les modalités de la mobilisation varieront, tant en nature qu’en ampleur.

Les ambulanciers du privé sont en grève ce mercredi 8 avril. L’action, lancée par la Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA), a pour but de dénoncer la crise profonde que traverse le secteur. Tout ou partie des missions des ambulanciers seront interrompues, prévenait la CNSA fin mars. Seules les missions liées à l’urgence vitale seront épargnées.

Des conditions qui ne satisfont plus

Les acteurs du secteur dénoncent notamment un budget bien inférieur aux besoins : « Il manque 300 millions d’euros au secteur pour transporter les patients dans des conditions décentes » en raison « de coûts non compensés par l’Assurance maladie », assurait la CNSA en mars. Le tarif du transport pré-hospitalier appliqué depuis 2018 (62 euros de l’heure) ne satisfait plus face à la hausse des charges.

La CNSA fustigeait aussi « des délais de paiement des hôpitaux (qui) peuvent attendre un an, fragilisant dangereusement la trésorerie des entreprises ». « Aujourd’hui, il y a beaucoup (de sociétés de transport sanitaire) à vendre, d’autres ne peuvent plus payer leurs salariés », confirme Jean-François Rasteau, délégué régional Occitanie de la CNSA, à actu Toulouse.

« En 2025, elles sont nombreuses à avoir mis la clef sous la porte avec une hausse des fermetures de 33 % en France, parce qu’on travaille à perte », note également Eymeric Saintin, délégué régional Auvergne de la CNSA, à ici Pays d’Auvergne. « On va droit dans le mur », lâche Willie Roussel, délégué régional Grand Est, interrogé par France 3 Grand Est.

Dans un communiqué, la CNSA déclarait en mars que le secteur réclamait un « déblocage de fonds d’urgence pour éviter les faillites en chaîne », « l’ouverture de négociations avec l’Assurance maladie » pour trouver un « modèle soutenable » ou encore « le respect strict des délais de paiement des marchés publics ».

Mouvement de protestation « responsable »

Les ambulanciers privés assurent trois millions d’interventions urgentes par an, « soit près de 40 à 50 % des admissions hospitalières en urgence », et 32 millions de missions de transports sanitaires programmés, indiquait la CNSA dans son communiqué. Ce mercredi, des ambulanciers seront donc en grève, mais pas question d’abandonner la patientèle.

Thomas Damien, président du groupe de transport sanitaire Nohain, promet et promeut auprès du Journal du Centre une mobilisation « responsable ». D’aucuns parlent de tractage, d’opérations escargot, de sorties hospitalières non assurées… mais « sans nuire aux patients ».

Auprès d’actu Toulouse, Jean-François Rousseau, de la CNSA Occitanie, mentionne l’arrêt « des gardes préfectorales, ce qu’on appelle aussi l’urgence hospitalière ». Concrètement, les ambulanciers concernés ne se porteront plus volontaires pour être d’astreinte pour le Samu.

« L’idée, c’est de ne pas braquer les patients et de ne pas faire courir de risques à ceux en détresse physique » : les urgences continueront d’être assurées, mais « dans le cadre d’une réquisition » à la demande de la préfecture.

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