Le coach de l’équipe senior du Nîmes Foot Féminin est sous le coup d’une enquête de police. Une situation qui crée des remous : des joueuses le soutiennent mais le coprésident a démissionné.
Fin février et début mars, plusieurs médias normands ont fait état de plaintes déposées en mai 2025 pour agressions sexuelles et corruption de mineur à l’encontre du responsable de la section féminine de La Maladrerie Omnisports Caen. Licencié par son club de football dans la foulée et sous le coup d’une mesure administrative de six mois l’empêchant d’encadrer un public mineur, cet homme de 29 ans est l’entraîneur principal du Nîmes Foot Féminin depuis la fin de sa sanction le 24 décembre 2025.
Comment se fait-il qu’il ait pu obtenir ce poste à la tête de l’équipe gardoise qui évolue en Régional 1 ? D’abord, il en a tout à fait le droit. Dans l’attente des résultats d’une convocation par les services de police de Caen prévue ce mercredi, après neuf mois d’enquête, il est présumé innocent.
Mais aussi parce que sa présence a été validée par le conseil d’administration du club et certaines joueuses qui, pour plusieurs d’entre elles, nous ont sollicités pour un échange. « Il a tout de suite été honnête sur sa situation, explique Tatiana la vice-capitaine du Nîmes Foot Féminin, avec qui nous avons pu échanger, de même qu’avec la capitaine, de quatre autres joueuses et d’une membre de l’encadrement technique. Il nous a dit qu’une enquête est en cours et il nous a présenté son projet sportif. Moi, je ne suis personne pour juger ce qu’il a fait. Et je sais que je suis en mesure de faire remonter des comportements s’ils ne me conviennent pas. On a décidé de lui faire confiance. Je n’ai jamais eu un coach aussi bienveillant envers des joueuses. Depuis qu’il est là, tout se passe très bien. » D’autant que sur le terrain, l’équipe réalise une belle saison.
À Nîmes, « des comportements inappropriés »
Un avis qui semble majoritaire au sein de l’effectif mais qui ne fait pas l’unanimité : « Il a présenté sa situation l’été dernier à certaines joueuses de l’équipe mais tout le monde n’était pas au courant jusqu’à ces dernières semaines, souligne l’une des joueuses de l’effectif qui ne cautionnent pas la présence de ce coach. Il est arrivé en novembre, bien avant la fin de sa suspension. À partir de janvier, il a pris la place de l’entraîneur en place. On savait que, pour le club, il fallait ne rien dire et il fallait que ça ne se sache pas. Je n’adhère pas à sa manière de se comporter. Avant les matchs à l’extérieur, il s’occupe lui-même des massages, il participe aux sorties d’équipe après les matchs, il suit des joueuses sur les réseaux sociaux, même des U18. Selon moi, ce sont des comportements inappropriés pour un éducateur sportif. »
Selon nos informations, cette situation aurait créé des remous dans les hautes sphères du club. Prévenu par son homologue de Caen, le co-président Laurent Pouget, en désaccord avec sa binôme à Nîmes, a démissionné il y a quelques jours. « Quand je l’ai su, j’ai appelé la coprésidente, elle m’a dit qu’il était présumé innocent. Moi, je ne voulais pas qu’il reste. On a fait une réunion le 4 mars pour en parler mais ça n’a gêné personne. J’ai préféré me retirer. »
Romane, joueuse et membre du conseil d’administration, conteste : « Dans aucune réunion, il ne s’est opposé à la présence de l’entraîneur. On ne comprend pas ce qu’il est en train de faire. On pense qu’il veut nous mettre des bâtons dans les roues. Notre position est claire : si notre entraîneur était reconnu coupable, on s’en séparerait. En attendant, tout se passe très bien.








