
Le club aveyronnais, l’un des plus petits budgets de la deuxième division, accomplit la meilleure saison de son histoire en championnat. Au point d’être de plus en plus crédible en vue des barrages de fin de saison.
Samedi à Reims, Rodez a évolué pour la première fois avec son troisième maillot. Un paletot couleur or synonyme de succès de prestige (1-2), à la hauteur de la saison des Aveyronnais, tout simplement la meilleure de l’histoire du RAF à ce stade. Au point que personne ne sait encore jusqu’où elle va mener l’un des trois plus petits budgets de la division (environ 8 M€ contre 35 M€ à Saint-Étienne).
Son entraîneur Didier Santini a beau marteler que ses hommes ne doivent « pas se prendre pour d’autres », Rodez va avoir de plus en plus de mal à se cacher. À 4 points seulement du podium, il pourrait bien s’inviter à nouveau en play-offs. Un miracle qui n’en est plus un après sept saisons en deuxième division mais n’empêche pas la surprise devant cette équipe inclassable.
Une invincibilité unique en Europe
La victoire en Champagne en a été une nouvelle démonstration. Menée 1-0 jusqu’à la 87e minute, la formation ruthénoise a renversé les Rémois dans une fin de match folle, à l’image de sa série actuelle : le RAF est depuis une dizaine de jours la seule équipe des cinq grands championnats d’Europe et leur deuxième division à demeurer invaincue en 2026. Mieux, elle étire son invincibilité depuis treize rencontres et le 7 novembre.
De quoi insuffler une confiance à toute épreuve et renverser les situations les plus compliquées. Montpellier en avait fait l’expérience en Aveyron, le 20 février dernier (1-0). Reims a fini par l’apprendre à ses dépens.
Leader de L2 en 2026
« Jusqu’à la 80e minute, il n’y avait pas de grand danger de la part de l’adversaire. Et on a fini par prendre deux buts… », regrettait ainsi le coach belge du club champenois, Karol Geraerts. Encore sonné par ce revirement quasi improbable dont l’égalisation, survenue sur un tir détourné qui a pris à contre-pied le portier local, a allumé la mèche.
La réussite d’un champion, en quelque sorte, puisque c’est ce qu’est Rodez en 2026, meilleure équipe de L2 depuis janvier devant Saint-Étienne, avec 22 points pris sur 30 possibles (contre 20 aux Stéphanois ou 16 au MHSC).
Un rang honorifique mais pas anecdotique, résultat d’une philosophie gravée dans le marbre par l’atypique président Pierre-Olivier Murat et son directeur sportif Gregory Ursule : un recrutement malin appuyé sur des datas, une direction stable depuis plus d’une dizaine d’années, un 3-5-2 immuable et une soif d’aller de l’avant.
Déjà en play-offs en 2024
Les Aveyronnais n’oublient pas non plus de défendre. À Reims, ils ont encaissé leur premier but depuis quasiment 400 minutes (397). Ce record d’imperméabilité pour le club en L2 repose autant sur la forme de son gardien Quentin Braat que sur une solidarité collective éprouvée lors d’une première phase moins aboutie (12e à mi-saison). Le revers d’un modèle qui suppose de recréer des automatismes chaque été.
« Au départ, avec notre budget, on est quand même prévu pour le maintien, rappelait Santini auprès de beIN Sports, samedi. Chaque saison depuis trois ans, on doit changer 90 % de notre effectif, repartir à zéro tout en essayant de mettre en place nos principes, notre ADN. Mais ça se passe bien. »
Tellement bien qu’à ce rythme, Rodez pourrait retrouver des play-offs déjà vécus en 2024, avec une victoire épique contre le Paris FC (2-2, 3-2 tab) puis un chemin achevé dans le Chaudron de l’ASSE (2-0). Deux ans plus tard, la route paraît de plus en plus tracée. Comme pavée d’or.



