Résultats des municipales 2026 : RN et LFI bousculent tout, le PS et LR arrachent des métropoles… décryptage du premier tour

admin
Par
admin
7 min de lecture

Ce dimanche 15 mars 2026, le premier tour des municipales a été marqué par une poussée du Rassemblement national et une percée de La France insoumise dans les urnes, transformant le scrutin en test pour la présidentielle de 2027. Si la gauche résiste à Paris et Marseille, l’ancrage de l’extrême droite et les succès insoumis compliquent les alliances avant le second tour prévu le 22 mars.

Au lendemain du premier tour des municipales 2026, RN LFI sont bien les grands vainqueurs.

Dans les trois plus grandes villes de France, la gauche sortante fait de bons résultats : le socialiste Emmanuel Grégoire (37,98 %) devance largement l’ex-ministre de droite Rachida Dati (25,46 %) dans la capitale, le maire proche du PS Benoît Payan est en tête à Marseille bien que talonné par le député du Rassemblement national Franck Allisio. À Lyon, l’écologiste Grégory Doucet, lui aussi sortant, est au coude-à-coude avec l’ex-patron de l’OL Jean-Michel Aulas, soutenu par le centre et la droite.

Ailleurs, le Rassemblement national s’installe dans le paysage municipal, son objectif à un an de l’élection suprême. Avec ses alliés, ils sont en tête dans plus de 60 communes, contre onze seulement au premier tour de 2020.

Le parti d’extrême droite conserve dès dimanche ses bastions d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et de Fréjus (Var), et remporte quelques nouvelles villes comme Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). À Toulon, la députée RN Laure Lavalette est largement en tête mais avec peu de réserves de voix.

Les réactions des leaders RN et Insoumis

Le président du parti, Jordan Bardella, a « tendu la main aux listes de droites sincères » pour l’emporter au second tour. Mais au-delà du parti lepéniste, c’est La France insoumise qui crée la sensation dans plusieurs villes. « On attendait la droite radicale et on a la gauche radicale« , résume François Kraus, directeur du pôle politique de l’Ifop.

Jean-Luc Mélenchon s’est félicité d’une « percée historique ». D’ores et déjà, Saint-Denis, deuxième ville d’Ile-de-France après Paris, est remporté par le candidat LFI Bally Bagayoko au détriment du sortant socialiste et devient la plus grande commune mélenchoniste.

À Toulouse, le député insoumis François Piquemal parvient à passer devant son rival socialiste François Briançon, tous deux largement derrière le maire sortant Jean-Luc Moudenc. À Lille, la candidate insoumise crée la surprise, à moins de trois longueurs du maire sortant socialiste Arnaud Deslandes, héritier de Martine Aubry.

Quant à Roubaix, le député LFI David Guiraud a pris une sérieuse option sur la mairie avec plus de 46 % des voix.

Le mouvement de gauche radicale est en position d’arbitre dans plusieurs autres grandes villes, notamment à Paris où Sophia Chikirou, à 11,72 %, a promis de se maintenir si Emmanuel Grégoire ne lui propose pas une fusion « antifasciste ». Le positionnement du centriste Pierre-Yves Bournazel (11,34 %) et de la candidate Reconquête Sarah Knafo, qualifiée au bout du comptage (10,40 %), seront aussi déterminants dans cette quinquangulaire potentielle.

Avant le second tour, le dilemme des alliances

La progression des deux mouvements radicaux, qui ont fait de cette campagne un test géant pour 2027, préjuge de tractations ardues. Les têtes de liste ont jusqu’à ce mardi à 18 heures pour décider si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent en vue du second tour. Il faut avoir plus de 10 % des voix pour se maintenir.

C’est à gauche que la question des alliances s’annonce la plus épineuse.

Le Parti socialiste, qui se maintient dans de nombreuses grandes villes et arrive largement en tête aussi à Rennes, Strasbourg et Montpellier, souhaite rompre définitivement avec LFI. Mais les bons résultats insoumis compliquent souvent l’équation.

Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a « tendu la main » aux autres listes de gauche « partout où la droite et l’extrême droite menacent ». Mais en face, le patron du PS Olivier Faure a répété qu’il n’y aurait « pas d’accord national » entre les deux partis, après une campagne au cours de laquelle Jean-Luc Mélenchon et son mouvement ont été accusés d’antisémitisme et d’ambiguïté sur la question de la violence politique.

À Marseille, Benoît Payan a fermé la porte à une alliance avec le député LFI Sébastien Delogu, malgré une bataille qui s’annonce serrée face au RN.

Plus ouverte à des alliances, l’écologiste Marine Tondelier a appelé à « éliminer la droite et l’extrême droite ».

Son parti, qui était donné en mauvaise posture dans ses mairies après la « vague verte » de 2020, s’en tire mieux que prévu, à Lyon mais aussi à Poitiers, où la maire sortante est en tête.

La droite, grande perdante ?

Autre scrutin-clé à treize mois de la présidentielle, celui du Havre, où l’ex-Premier ministre Edouard Philippe est bien positionné, lui qui a fait de sa réélection le prérequis pour poursuivre sa candidature à l’Elysée. Autre candidat potentiel pour 2027, le communiste Fabien Roussel est réélu à Saint-Amand-les-Eaux (Nord).

À Nice, le duel entre le sortant Christian Estrosi et Eric Ciotti, allié du RN, tourne à l’avantage du second, avec une dizaine de points d’avance.

Alors que la question d’alliances locales avec l’extrême droite se pose dans plusieurs villes, le patron de LR Bruno Retailleau, qui a dû encaisser les résultats décevants de Rachida Dati à Paris et de Jean-Michel Aulas à Lyon, a appelé à un « grand rassemblement de la droite » pour « battre la gauche ou le RN ».

L’érosion de la participation a continué dimanche, dans une élection qui pourtant traditionnellement intéresse les Français. Les instituts de sondage l’évaluent entre 56 % et 58,5 %, contre 63,55 % en 2014. Le chiffre n’a été plus bas qu’en 2020, en pleine pandémie de Covid-19.

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr